J’ai testé le Panchakarma!

Publié par Marie Abiven Naturopathe le

J'ai testé le Panchakarma!

Cette année, j’ai décidé de réaliser ma detox de Printemps façon ayurvédique à la fois parce que je suis curieuse de découvrir des techniques ancestrales qui ont fait leurs preuves mais aussi parce que j’adore voyager! J’ai choisi le Népal et plus particulièrement la vallée de Pokhara pour m’initier au Panchakarma auprès de 2 vaidyas (médecins ayurvédiques) : le docteur Luxmi, originaire de Kérala en Inde et le docteur Saleem, originaire du village voisin.

La médecine ayurvédique est une médecine traditionnelle au même titre que la naturopathie et que la médecine chinoise. Science de la vie héritée de l’Inde ancienne (« âyur » signifie « vie » et « véda », « science »), l’Ayurvéda s’appuie sur le caractère unique de chaque individu pour soigner l’être humain dans sa globalité : le corps et l’esprit sont étroitement liés.

Tout comme la naturopathie, l’Ayurveda conseille une détoxification périodique à chaque changement de saison. Le Panchakarma, du sanskrit pancha (cinq) et Karma (action), est un processus de purification en cinq étapes avec l’objectif de drainer les toxines et de les éliminer ensuite par la peau, le système digestif et le système urinaire.

Une cure peut s’étendre de quelques jours à plusieurs semaines selon la condition du patient (idéalement 14 jours sont recommandés pour une détox saisonnière). Me concernant je disposais de 8 jours pour réaliser ma cure.

Le jour de mon arrivée, j’ai rencontré le Docteur Saleem qui m’apprend qu’il faut étudier pendant 5 ans et demi (stage pratique inclus) pour devenir médecin ayurvédique. Elle partage aussi avec moi sa vision de l’Ayurvéda : « c’est une médecine de la personne contrairement à la médecine de masse privilégiée en Occident. De nos jours, l’Ayurvéda permet à des millions d’hommes et de femmes qui vivent avec de très faibles ressources et dans des conditions particulièrement difficiles, d’avoir une espérance de vie moyenne proche des 70 ans. » Notons que près de 70 % des ménages népalais sont dans une situation de vulnérabilité en vivant avec moins de 2,24€ par jour.

Le Docteur Saleem m’interroge ensuite sur mon état général : pathologies connues, état de fatigue, niveau de stress, conditions de ma digestion… puis elle prend ma tension et mon pouls. Après ce long voyage, elle m’invite à me détendre avec un massage à l’huile appelée Abhyanga. La praticienne en massage, Koomari, m’accompagne dans la salle de soin et m’invite à me déshabiller intégralement. La vue sur l’Himalaya est époustouflante depuis la table de massage.  Le massage a pour objectif de détendre, de fluidifier les énergies et de renforcer la vitalité avec des mouvements doux et profonds.

Le 2ème jour, je rencontre le Docteur Saleem qui m’explique son parcours. Originaire d’Inde, il s’est engagé auprès du centre ayurvédique à partager ses connaissances pendant une année. Il en profite pour faire découvrir à l’équipe népalaise les décoctions de plantes produites et reconnues en Inde. D’ailleurs il m’administre du Triphala Choornam, un classique de l’ Ayurveda. Le triphala (les 3 fruits) est une recette très ancienne composée à proportion égale des fruits amalaki, bibhitaki et haritaki. Il libère des blocages intérieurs et des toxines. Le Docteur Saleem m’explique que le triphala permet aussi d’équilibrer les 3 doshas qui correspondent aux trois énergies vitales ou « humeurs » responsables des processus physiologiques et psychologiques. Leur déséquilibre est considéré comme la cause des maladies.

Je bénéficie ensuite d’un massage Abhyanga suivi d’un soin appelé Podikizhi. Il s’agit de frictions réalisées avec des pochons composés d’herbes et de poudres, trempés dans l’huile chaude. L’odeur est un peu spéciale mais je sens tout de suite une profonde détente musculaire!

Le 3ème jour, à la suite d’un entretien avec le médecin (état du sommeil, de la digestion, du moral… ), je reçois les mêmes soins que le 2ème jour. Je sens le lâcher prise physique et psychologique qui commence à faire effet.

Les soins sont associés à la pratique quotidienne du yoga (2h au lever du soleil et 2h au coucher du soleil), à une alimentation 100% végétarienne à base de légumes biologiques, de céréales (riz, sarrasin, millet) et de lentilles et à la prise d’infusions entre et pendant les repas.

Le 4ème jour, le nettoyage se poursuit. J’ingère une nouvelle préparation à base de plantes destinée à stimuler la fonction digestive. Le massage à l’huile est suivi d’un soin appelé Nasya. Cette procédure commence par un massage vigoureux de la tête, du cou, de la poitrine et des épaules. Ensuite par une inhalation aux plantes qui nettoie les mucus des sinus, suivie d’une application d’huile médicalisée dans le nez, la « porte du cerveau ». La sensation est légèrement irritante mais j’ai pu apprécié rapidement un réel confort au niveau respiratoire.

Le 5ème jour, l’échange avec les médecins porte sur mes doshas. A la suite d’un questionnaire détaillé sur mes habitudes de vie, mes émotions et mes traits de caractère, j’apprends que ma constitution (appelée Prakruti) est Pitta-Kapha et que mon objectif pour être en santé est donc d’équilibrer mes doshas.

Le médecin me propose de remplacer le massage Abhyanga  par un massage à la poudre de plantes sèches. Deux praticiennes s’activent pour me masser et alors que je me réjouissais de découvrir le massage à 4 mains, je réalise que ce soin ne sera pas une partie de plaisir. Je ressens plutôt la sensation d’un peeling intensif…dont l’objectif est notamment de drainer la lymphe et d’apaiser mes excès de Pitta-Kapha.

Le 6ème jour, je découvre le nettoyage à l’huile des conduits auditifs appelé le Karna Purana suivi d’un massage Abhyanga et d’une sudation appelée Swedhana qui enferme le corps, à l’exception de la tête, dans un caisson en bois.

Le 7ème jour est consacré à la purge des intestins à l’aide de la traditionnelle huile de ricin. Très efficace!! je découvre aussi un soin extraordinaire qui se nomme le Shrirodhara,  « Shiro » signifie « tête » et « Dhara » signifie « flux », c’est en effet le lent écoulement d’un filet d’huile tiède sur le front au niveau du 3eme œil puis avec un doux balancement de sorte que l’huile s’écoule sur la tête et cheveux, de droite à gauche,  harmonisant ainsi les deux hémisphères du cerveau. Ce soin procure un profond apaisement, une relaxation globale du corps et de l’esprit, il purifie, régénère et stimule l’élimination les toxines mentales.

Le dernier jour, nous avons fait le bilan de la semaine et les médecins m’ont transmis une liste de conseils pour équilibrer mes doshas : les aliments à favoriser et ceux à éviter, le comportement alimentaire à adopter, et quelques règles d’hygiène… et même des conseils vestimentaires. Les couleurs rouge et noir me sont déconseillées car elles augmentent Pitta!

J’ai ensuite pu bénéficier d’un dernier massage à l’huile Abhyanga suivi d’un Shrirodhara, le combi parfait pour repartir détendue de cette semaine intense en découvertes!

L’ayurvéda et la naturopathie sont deux disciplines dont les philosophies sont très proches :

  • L’objectif principal des 2 médecines est de favoriser une bonne santé, plutôt que de lutter contre la maladie.
  • Le corps et l’esprit sont liés.
  • Les cures sont personnalisées en fonction de la force vitale de la personne.
  • Les techniques de sollicitation de la force vitale utilisées sont naturelles.

Je retiendrai particulièrement les techniques de nettoyage aux huiles ainsi que l’approche thérapeutique des vibrations avec le Pranava Mantra: Om̐ et le bol chantant. C’est d’ailleurs le cadeau souvenir que j’ai ramené du Népal : un magnifique bol fabriqué dans la pure tradition et dont je vous parlerai dans un prochain article!

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’ayurvéda, je vous recommande le livre du Dr Deepak Chopra, Santé Parfaite. Il est très simple et agréable à lire!

    


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